Cours de danse instinctive

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Exceptionnellement Matti King donne des cours en groupe à des comédiens, ayant été comédienne elle même, Matti King sait à quel point le corps est important pour être capable de s’oublier et devenir le personnage.

Le corps est l’instrument de l’acteur, il est aussi celui des personnes qui recherchent la liberté de leurs mouvements

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Les cours de Matti King sont particuliers et personnalisés, suivant la demande et le but recherché. Les cours ont lieu chez elle. Pour tout renseignement n’hésitez pas à rentrer en contact avec Matti King via la page Contact, ou directement par email en cliquant ici.

Ces cours sont exclusivement réservés aux femmes.

Pour en savoir plus découvrez la page « Cours de Danse Instinctive« .

Hello Emmanuelle (partie 09)

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LE CENTRE DE SPORT DANS LES HALLES

DARIO

HEP9Je me réveillais contente de savoir que J’avais deux heures trente de sport le soir même. Les cours commençaient à dix-huit heures. Je prévins mon mari que je serais de retour après vingt heures. Il ajustait sa cravate devant le miroir de la chambre. Il se retourna, surpris, vers le lit où je m’étirais paresseusement. Il était huit heures du matin. Lucas n’avait pas éteint la radio dans la salle de bain. Le son était désagréable et mauvais. Je lui fis un sourire charmant, en disant que j’allais me mettre au sport. J’avais quarante ans passés. Je devais veiller à ma forme physique. Il acquiesça et continua de finir son nœud de cravate. Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas fait l’amour. Il devait être repu. Je l’examinais sans complaisance comme s’il avait été un étranger. Il était grand avec un bassin large. Curieusement, il avait des bras menus qui n’allaient pas avec le reste de son corps. Il commençait à avoir du ventre. Il jouait au tennis le week-end pour s’entretenir. Certains des maris de mes amies y allaient aussi. C’était à mon tour de m’entraîner. Il me fallait une tenue de sport. Je filais chez Go Sport et dénichais quelques survêtements mais c’était trop basique à mon goût. Je passais au Printemps pour avoir des débardeurs et d’autres survêtements plus tendance et plus sexy. J’étais en instance de séduction, il fallait me rendre craquante pour rivaliser avec toutes les jeunes filles et jeunes femmes. Je savais surtout que j’étais nulle dans un lit. Emmanuelle et sa séduction me hantaient ainsi que les dessous affriolants. Elle savait se laisser caresser par les hommes et paraissait vénérer ça. Je savais que je pouvais devenir comme elle mais j’avais besoin de pratique.  Mon mariage m’ankylosait et ne me mettait pas dans une humeur à batifoler et flirter. J’étais certaine que j’adorerais ça. Depuis le Sofitel, je n’avais pas pratiqué l’amour. Mon mari ne m’avait pas approchée depuis un moment. Je ne faisais rien pour attiser son désir. Je savais ce qui m’attendait. J’en avais assez de ce plat réchauffé. Les préliminaires, je ne connaissais pas ou si peu. Dix-neuf ans de mariage et je réalisais que j’avais si peu d’expériences sexuelles. Mieux valait tard que jamais. Le tout était de rencontrer les bons partenaires et de ne pas être trop sentimentale. Le sexe, la sensualité, l’érotisme étaient mes outils pour avancer dans cette jungle d’hommes et de femmes en quête de plaisirs et de découvertes.

J’arrivais au club de la rue Rambuteau avec mon collier fétiche autour du cou. Je le mettais à toutes les occasions. C’était tout juste si je ne dormais pas avec. Dans mon sac de sport, j’avais mis un short et un adorable débardeur rose pâle. Je garderais mon caleçon noir que je portais avec une robe bleu turquoise à fines bretelles. J’avais mes sempiternelles tongs aux pieds. Il faisait chaud. Je n’aurais pas osé montrer mes jambes nues. C’était au-dessus de mes forces. A quatorze ans, pour ne pas nager à la piscine avec les autres, je disais que j’étais indisposée alors que je crevais d’envie de me baigner avec elles. Je les regardais s’ébattre dans l’eau. Dommage que j’avais autant de problèmes à montrer ma chair. Je me déshabillais dans les vestiaires en camouflant mon corps. Je regardais des filles grosses, maigres, plus vieilles, jeunes et jolies se dévêtir, se rhabiller ou aller à la douche. Tout ce petit monde ne faisait pas autant de chichis que moi. A Genève, j’allais  peut-être apprendre à me décoincer.

La salle de gym était grande et pleine à craquer. Les filles prenaient un tapis, des haltères, et des caoutchoucs. Je faisais comme elles. J’évitais de me mettre devant. Je m’étais installée au fond de la salle pour travailler tranquillement à mon rythme. La couleur dominante était le noir. Les leggings et les débardeurs étaient la tenue la plus courante. Certaines portaient des shorts. Il y avait peu d’hommes. Dario arriva. Il mit la musique à fond et nous avons commencé à bouger en suivant ses mouvements qu’il exécutait face à nous. Il en profitait pour sourire à certaines filles. Les mouvements ressemblaient à de l’aérobic. L’ambiance musicale était rythmée et entraînante. C’était l’échauffement musculaire. Puis, il nous fit faire des abdos fessiers. C’était dur et fastidieux. Dario passait à côté des élèves pour vérifier si leurs mouvements étaient corrects. Quand il s’est arrêté près de moi, il m’a souri. Stupidement, j’ai rougi. Je me sentais intimidée. Il avait un regard noir, perçant et il m’avait troublée. Je pense que c’était réciproque. Un fluide passait entre nous. Il me corrigea, je fis une grimace de douleur. On a ri. Tous les cours se sont déroulés ainsi. J’avais une touche avec mon prof de sport. Des filles installées à l’avant de la salle, des habituées, me lançaient des coups d’œil furtifs et remplis de curiosité. J’imaginais ce qu’elles devaient se dire : «une vieille » qui plait au prof dans notre basse-cour. Le cours de Body Combat fut l’épreuve finale. Une heure de danse de différents Arts Martiaux me mit KO. Mon corps était perclus de douleur. J’avais du mal à marcher tant je m’étais donnée sans ménagement. Je fis un sourire ravageur à Dario qui me demanda si ses cours m’avaient plu. Mon sourire avait répondu à sa question. Je lui avouais que j’étais pleine de courbatures. Nous avons un peu parlé. J’ai su ainsi qu’il pratiquait le Kick Boxing. Je lui demandais s’il donnait des cours particuliers car la boxe m’intéressait. Il me répondit affirmativement. Je souhaitais travailler avec lui pour apprendre les rudiments de la boxe. Pour mes recherches concernant le sexe, ce n’était peut-être pas ce qu’il y avait de mieux à faire. Néanmoins, travailler avec un macho « serial lover » pourrait être intéressant. De plus, j’avais un grand besoin de me défouler. Nous avons échangé nos téléphones respectifs. Le body Combat avait révélé une partie guerrière en moi. C’était l’occasion de faire plus ample connaissance avec Dario. Il me plaisait, il me draguait et je le laissais faire. J’éprouvais une sensation physique troublante et forte à son contact. Ses yeux étaient une arme de séduction fatale. Son magnétisme sexuel excellait dans l’art de réveiller le mien qui somnolait encore. Je me sentais glisser sur une pente savonneuse. Kelly me poussait à faire des propositions. J’avais même le numéro de téléphone de mon prof. Je faisais des progrès. J’avais envie de coucher avec lui. C’était visiblement réciproque. Les cours particuliers allaient faire avancer les choses. J’avais besoin de faire les poches de Lucas. Dario pourrait venir chez moi, le jour où la femme de ménage avait congé. Mon mari ne passait jamais à la maison dans la journée. Nous serions tranquilles. Rien que d’y songer, je frémissais de plaisir et souris de satisfaction.

Il était 22 h lorsque j’arrivais chez moi. Lucas était affalé devant la TV et regardait un match de foot. Il leva à peine les yeux vers moi. Il me vivait comme une espèce de routine même avec mes changements d’horaires. Il ne soupçonnait rien. Je mangeais rapidement un morceau de roastbeef froid avec de la salade et plein de pain pour calmer ma faim. Je pris une douche bien chaude. Après le match, Lucas me demanda si les cours m’avaient plu. Je répondis positivement en baillant. Je pris deux aspirines pour calmer mes courbatures. Je m’endormis comme une masse en fantasmant sur Dario. J’ignorais posséder autant de vitalité et une libido aussi prompte à l’éveil.

Hello Emmanuelle (partie 08)

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IMG_3177LUCAS

LA VÉRITÉ, CELLE DE L’APPARENCE

Avec Lucas, c’était mortel. Je ne voulais pas d’émotions, de disputes, de jalousie, ni me sentir délaissée ni abandonnée. Pour cela, il fallait ne pas aimer. L’amour adulte m’avait déplu à cause de mes parents qui se disputaient sans arrêt. Je ne savais pas pourquoi et c’était insupportable. J’étais impuissante à les arrêter. Ils méritaient d’être culpabilisés. Les parents devraient montrer le bon exemple.

J’étais rentrée chez moi à contre cœur. Je réalisais que j’avais envie d’émotions, de sexe, de sentiments quels qu’ils soient. Tout au fond de moi, je hurlais mon désespoir. Je devais poursuivre mes expériences même si je devais en souffrir. Pour moi, expérimenter l’état amoureux, c’était se risquer à éprouver de la peine, mais aussi, pourquoi pas, des joies. J’avais pris ma douche. Lucas venait d’entrer. Je n’avais pas pensé à vérifier si Alexia avait préparé quelque chose pour le dîner. J’ouvrais le frigo et découvris du carpaccio, de la vinaigrette pour la salade et une magnifique laitue prête à être dégustée. Comme j’étais reconnaissante à Alexia d’avoir prévu ce repas. J’étais affamée. Lucas avait comme d’habitude, la mine renfrognée comme s’il venait de perdre un être cher. C’était réellement mortel d’être mariée avec lui. Mais devenir amoureuse pouvait se révéler mortel aussi. Comme Hamlet, je me posais la question d’« être ou ne pas être, vivre ou ne pas vivre ? » Je m’asseyais à table en face de mon mari. Je me goinfrais, Lucas me jetait des coups d’œil désapprobateurs. Je crois que je le provoquais. Il était guindé, obséquieux principalement avec les personnes fortunées et haut placées. Cela m’avait toujours exaspérée. Il ignorait que j’avais décidé de prendre le risque d’être vivante. Je lui fis un sourire gras avec le carpaccio, l’huile d’olive et la salade verte plein la bouche et les dents. De toute évidence, quoi que je fasse, je n’avais aucun pouvoir de séduction sur lui et pire, j’agissais comme une sale gosse. Je crois qu’il me voyait ainsi et non comme une femme. Je le regardais le nez dans son assiette, l’esprit ailleurs, c’était désespérant de vivre ainsi. Il me servit du rosé. Je commençais à me sentir mieux. Il était de plus en plus pincé. Sa bouche mince ressemblait à une fente. Son obsession de la discipline et des bonnes manières me semblait incompatible avec celle que j’étais.  Comment j’allais faire à Genève si je devais obéir au deuxième inconnu ? Voilà que, dans mon imaginaire, j’étais déjà dans le train pour Genève. Si Lucas savait. C’était jouissif de réaliser que j’étais aussi libre que lui. Il pouvait coucher avec des inconnues mais ce n’était pas envisageable pour sa femme. Je n’étais en réalité qu’une projection de la femme qu’il souhaitait, sans appétit sexuel mais avec un insatiable appétit à table. Je pense qu’il me voyait comme une femme-enfant mais dans le sens péjoratif. En aucun cas, une Lolita. Je m’interrogeais si lui aussi avait un double ? Peut-être que je pourrais l’aimer ? Nous vivions chacun avec nos doubles, celui de l’apparence. C’était un drôle de mariage, sans doute que je n’étais pas la seule femme qui vivait une double vie au sein de son foyer. C’était un sujet qu’on pouvait difficilement aborder. Je ne pouvais pas demander aux femmes des amis de mon mari si elles avaient une double vie. Certaines d’entre elles, fières de leur audace, me racontaient leurs frasques. Elles étaient passées à l’acte parce qu’elles en avaient par-dessus la tête d’être trompées. Elles en avaient tellement assez que les plus prudes d’entre elles s’étaient mises à enfin assumer d’avoir des relations extra-conjugales. Elles semblaient ravies et c’était une manière de se venger des trahisons de leurs époux. Elles appliquaient la formule « œil pour œil, et dent pour dent » en toute discrétion. Elles m’amusaient car je n’aurais jamais pensé qu’elles puissent franchir le pas de l’adultère. Une fois que c’était fait, plus rien ne les arrêtait. La culpabilité des premiers temps avait disparu.  Leurs rendez-vous étaient programmés suivant les matchs de foot, les heures de travail supplémentaires ou les parties de cartes. On savait que nos maris se couvraient les uns les autres. Ils avaient l’air si innocent, et pas particulièrement obsédés par le sexe. J’avais souhaité me vanter de l’expérience du Sofitel à mes copines. Noémie me l’avait déconseillé.

─ « Pourquoi ? Lui ai-je demandé.

─ Parce que, me répondit Noémie, on ne peut pas présager de l’avenir. Ce sont tes amies aujourd’hui mais demain elles peuvent passer dans le camp adverse. C’est dangereux de confier son jardin secret.

─ Mais toi, tu es au courant, lui répondis-je.

─ Il y a une différence entre tes amies et moi, me répliqua Noémie. Je ne connais pas ton mari et nous ne côtoyons pas des connaissances communes. C’est toute la différence. Demain tu peux tomber raide dingue d’un mec. Tu veux divorcer. On n’est jamais assez prudent. Tu fais comme tu veux, mais c’est bien que tu sois avisée. De plus les actes que tu fais sont plus risqués que des petites tromperies à la sauvette. Tu prends des risques de découvrir certaines choses de toi que tu ignores. La sexualité est une façon géniale d’apprendre à se connaître mais c’est aussi jouer avec le feu et tu n’es qu’au début de tes aventures. Si tu aimes cette route faite de sensations et d’imprévus, bienvenue à bord. »

Toutes les discussions que j’avais avec Noémie resurgissaient. Elle avait raison, il était préférable que je reste discrète. Elle avait également ajouté avec raison qu’elle serait dans de sales draps, elle aussi,  si mes actes étaient dénoncés. Les hommes que je rencontrais avaient été ses amants. Elle était mariée et agissait d’une manière réfléchie et non par vengeance comme mes amies. Elle aimait à la folie la séduction et le sexe mais souhaitait rester avec son conjoint. Il devait ignorer sa vie sexuelle annexe. Je jetais un œil en coin à Lucas tandis que je desservais la table et mettais la machine à laver la vaisselle en route. Il m’avait aidée à mettre les couverts et à apporter les plats, il estimait que sa tâche ménagère était accomplie. Il s’était lové dans le canapé du salon face à la TV. Il cherchait un programme à regarder. Il avait défait la boucle de la ceinture de son pantalon et retiré sa cravate. Il ne me regardait pas. Je ne le trouvais pas sexy, cela semblait réciproque. A l’extérieur, il agissait autrement, surtout avec les femmes. Ça m’agaçait, tant il se complaisait à tenter de les séduire. Il n’était pas discret. C’était vexant pour moi.  Avant le Sofitel, je ne me posais pas autant de questions. Je subissais mon mariage et l’attitude indifférente de mon mari comme si c’était normal. Je me demandais si je pourrais supporter de vivre ainsi encore longtemps. J’avais une TV devant mon lit. Mon mari me l’avait achetée pour pouvoir regarder ses émissions en paix. J’aurais aimé aussi avoir deux lits jumeaux. Je ne pouvais pas en parler à Lucas sans prendre le risque d’éveiller ses soupçons. Je m’endormis devant la TV.

 

Hello Emmanuelle (partie 07)

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IMG_3243Noémie éclata de rire en disant : « Vivement que ça se passe, ça ne te fera pas de mal ».

Nous avons ri à l’unisson en trinquant. Puis, Noémie me parla de son futur plan sexuel pour moi. Le champagne me montait agréablement à la tête, j’étais prête à entendre quel serait mon second acte à accomplir.

Je n’en croyais pas mes oreilles. J’allais prendre un train pour Genève et rejoindre un autre inconnu. Le voyage sera offert, le taxi aussi pour aller à la gare et pour le retour. Noémie me donnait la consigne de ne pas prendre trop de tenues vestimentaires car je n’en aurais pas besoin. Je voulais plus de détails. Il s’agissait d’une épreuve à passer pour surmonter le peu de sympathie que j’avais pour mon enveloppe charnelle, me précisa-t-elle. J’étais curieuse. Je souhaitais en savoir davantage mais Noémie me fit comprendre que ce serait une surprise. Il valait mieux que je ne sois pas préparée d’avance pour ce nouvel acte. Je la suppliai en vain d’être plus explicite. Rien n’y fit, elle ne céda pas. J’avais le choix de ne pas me rendre à Genève ou bien de m’y rendre mais en acceptant ses conditions. Elle me rassura en disant que je pourrais l’appeler à tout moment et aussi revenir à Paris plus vite que prévu. En clair, je n’étais ni piégée ni cloîtrée. Mais si j’accomplissais cet acte, il faudrait que je fasse ce que l’inconnu me demande. Je la regardais effarée. Noémie me dit :

« Ma biche, ne te fais pas de soucis, je connais l’homme que tu vas rencontrer si tu vas à Genève. Il ne t’a pas mangé, celui du Sofitel. Il t’a même fait du bien, tu me l’as avoué ».

J’étais franchement surprise et inquiète. Qu’est-ce que j’allais dire à Lucas ? Inconsciemment, il devenait ma planche de salut pour reculer sur ce coup-ci. Noémie répliqua :

─ « Débrouille-toi, ton mari sait s’arranger pour te mentir quand il te laisse. Fais comme lui. Sois cool ma biche, tu es une grande fille maintenant et Lucas n’est pas ton papa. »

Je ne pus m’empêcher de sourire à cette phrase. Mon mari mentait effrontément, me trompait et moi, j’étais en train de penser que j’allais le trahir. Noémie avait tapé dans le mille en parlant de Lucas. C’était réglé, j’allais partir pour Genève tous frais payés. Le côté « pute » me plaisait et cela me ravissait de sortir du rôle de l’épouse bobonne. Si Lucas savait qui j’étais, il ne pourrait pas y croire. Il me voyait toujours la même, une femme fidèle, tranquille mais pas assez obéissante à son goût. J’avais un coté révolté, insoumis qui surgissait de temps à autre. Lucas interprétait cela comme des caprices. Comme mes parents, il avait tenté de parfaire mon éducation sans succès. Il avait fini par abandonner. Il ne se méfiait pas de moi et pourtant il faut se méfier des apparences et de l’eau qui dort. Même moi, je m’étonnais et je n’en étais qu’à mes débuts. Nous nous sommes quittées, je me sentais bien. Noémie paraissait contente de l’évolution de mes aventures de libération.

Hello Emmanuelle (partie 6)

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J’étais d’accord. L’aventure continuait, c’était ce que je voulais. Enfin, je pourrais vivre les aventures de mon double érotique. Kelly en avait plus qu’assez de mon ignorance en matière sexuelle. Elle considérait cela comme un gâchis. Mon père m’avait cadenassé en me parlant sans cesse du sexe et des femmes. Pour lui, elles semblaient résumer la misère de l’homme. Beaucoup d’hommes étaient  peut-être comme lui ? Je me déshabillai puis entrepris de me regarder nue dans le miroir du salon. Je pouvais me voir entièrement. Ma réaction était toujours la même, fuir. C’était une catastrophe. J’avais réagi ainsi dès ma puberté quand mon corps avait commencé à prendre des rondeurs de femme. Il était nécessaire que je surmonte ce handicap avec l’aide de Kelly et de Noémie. Je savais que d’une façon ou d’une autre j’y parviendrais. Le lendemain, j’allais m’inscrire dans un club de fitness, mon corps et moi devions nous entendre pour mon évolution sexuelle.

Mon mari rentra vers minuit. Il prétexta un dîner d’affaire. Je m’en fichais. J’étais en train de sortir de sa vie. Je ne le savais pas encore moi-même. Il y a des étapes qui font qu’on ne peut plus revenir en arrière. Il me regardait à peine. Je m’interrogeais sur ce que je représentais pour cet homme avec qui je vivais depuis 19 ans. Nous n’avions pas une vraie relation de couple. Nous vivions sous le même toit, nous partagions une couche commune et quelques fois nous faisions l’amour mais nous ne communiquions pas. Nous n’avions pas d’intérêts communs sinon celui de satisfaire mon père qui avait trop peur de la liberté d’une femme, de celle de sa propre fille. Ma véritable liberté, mon corps en détenait la clé. C’était par mon corps, au travers de ma sexualité que je pourrais me découvrir plus intimement. Le sexe, l’amour n’étaient pas ce que je vivais au quotidien. Je n’étais qu’au début de mes aventures étonnantes pour une femme aussi coincée que Mme Ditchinsky. Je souriais, mon mari me demanda pourquoi. Je répondis que je n’en savais rien, d’un air énigmatique qui aurait dû lui mettre la puce à l’oreille ; il n’en fut rien. J’étais tranquille de ce côté-là, mais pour combien de temps ?

LE CLUB DE FITNESS

ET

LA PROCHAINE ÉTAPE A FRANCHIR EN TRAIN

J’avais pris la décision de trouver un club de sport dès aujourd’hui. Dans les publicités, l’un d’eux attira mon attention. Il était situé dans les Halles au métro Rambuteau. Je mangerais un sandwich dans un café. Je partis de chez moi vers midi. Noémie et moi avions rendez-vous à 18h30 toujours au même café de la Muette. Je garai ma voiture dans un parking. Je n’aimais pas trop les parkings souterrains, mais je ne trouvais de place nulle part. J’avais entendu dire que des femmes s’étaient fait agresser dans ce genre de lieux. Je n’en menais pas large. Quand j’entendais des pas derrière moi, je me dépêchais de sortir. De plus, les caves, les lieux fermés et sous terre étaient propices aux fantasmes morbides liés aux viols et aux meurtres. J’avais une imagination débordante et je raffolais des polars. Lorsque j’émergeai à la surface, je remarquai la différence avec le 16e arrondissement où j’habitais. On se serait cru sur une autre planète. Je n’allais jamais aux Halles. Il y avait des bandes de garçons un peu partout. Ils étaient en jean et t-shirt. Beaucoup d’entre eux avaient des chaînes autour du cou. Ils venaient des quatre coins du globe. Des noirs, des blancs, des métisses, des Arabes (majuscules aux précédents), je ne remarquais pas de Chinois. Certaines filles avaient des piercings, même sur le nez et les lèvres. Elles étaient vêtues pour la plupart en noir. Quelques-unes d’entre elles étaient mignonnes. Leur habillement détonnait par rapport au 16e. Ici, cela paraissait normal. J’étais surprise de voir un monde si différent de celui que je connaissais. Dans le 16é, le bon chic bon genre régnait. Les hommes étaient en costume ou en jean et veste, les femmes pour la plupart étaient vêtues de façon classique. Je repérai le club de Fitness. Je pénétrai dans les lieux. C’était assez chic pour le quartier. Les femmes à l’accueil étaient charmantes. Je demandai les prix puis les cours auxquels je pourrais accéder. Un jeune homme attira mon attention. Il me regardait. Il avait le crâne rasé et était un peu plus petit que moi. Je mesurais 1m68. Je le trouvais mignon malgré son allure de macho. Il tenait des CD dans sa main. L’une des femmes vit que je l’avais remarqué. Elle m’invita à aller regarder son cours. Elle me proposa même de prendre un cours d’essai gratuit. Pour aujourd’hui, ce n’était pas possible, je n’avais pas pensé à amener une tenue. Le prof continuait de me regarder et me sourit. Je ne sais pas si c’était parce que je faisais décalée dans ces lieux ou si c’était parce que je lui plaisais. Il me faisait craquer. Je le suivais, je lui souris aussi. Je savais que mon premier cours serait avec lui. Il m’avait donné envie de m’inscrire.

Je m’assis dans un coin de la salle. Elle était bondée. J’imagine que c’est parce que c’était l’heure du déjeuner. Il y avait des hommes et des femmes de tout âge. C’était rassurant. Je ne serais pas la plus vieille. Les tenues vestimentaires étaient variées. Peu de couleurs, surtout du blanc et du noir. Les filles jeunes, qui avaient visiblement l’habitude du sport, portaient des shorts courts et moulants avec des brassières qui faisaient office de soutien-gorge. Elles étaient bien foutues, et n’avaient ni bourrelets ni cellulite. Pour les autres, la tenue passe-partout dominait : leggings, pantalon ou bermuda long assortis aux débardeurs ou aux t-shirts. Le prof portait un bermuda noir et blanc sur lequel était imprimé « Boxe Thaï » en noir avec de grandes étoiles et un débardeur bien serré jaune, et vert à l’encolure qui mettait en valeur ses abdominaux parfaits. Ses bras étaient puissants et tatoués, tout comme ses jambes. Il avait le corps d’un sportif qui s’entraîne régulièrement. Son visage menu contrastait avec son apparence physique. Il avait de grands yeux noirs qui scrutaient comme un laser. Il était tout en muscles, et n’avait pas un gramme de graisse apparent. Dommage qu’il ne soit pas plus grand. J’assistai à deux cours, l’un d’abdos fessiers et l’autre pour les bras et le dos. La musique était très agréable, tantôt disco tantôt Soul et Blues. Puis vint le cours de Body Combat. J’étais obligée de m’en aller, je devais bientôt rejoindre Noémie. Ça avait l’air génial. C’était une chorégraphie sur plusieurs arts martiaux combinés. Les personnes plus âgées se sont éclipsées. Il régnait une atmosphère d’excitation, parfaitement illustrée en musique. Le prof me fit un petit signe quand je me levai pour partir, je fis de même. Je demandai à l’accueil son nom. Il s’appelait Dario. Je me renseignai aussitôt sur ses horaires. Il donnait des cours deux fois par semaine.

Je regagnais mon quartier et mes habitudes ainsi que Noémie qui m’attendait à la terrasse de café habituel. Il y avait beaucoup de monde. Il faisait chaud et beau. Les voitures défilaient sans arrêt. J’aimais ce temps où la douceur du printemps vous enveloppe. J’avais garé ma voiture au parking. Dario m’avait communiqué son magnétisme qui continuait à faire son effet sur moi. J’allais vers Noémie qui était toute vêtue de rose pâle. Ces couleurs lui seyaient à ravir. Elle portait un débardeur. Ses bras étaient dorés. J’étais heureuse de la voir. Je lui souris. Elle me dévisageait pour me déchiffrer. Je lui souris de plus belle. Elle semblait curieuse de savoir pourquoi je resplendissais autant. Des hommes se retournaient sur mon passage. Je dégageais quelque chose de sensuel, je le sentais. Kelly était présente. Dario me plaisait. Je me demandais pourquoi. Il n’était pas mon genre et de plus il était trop jeune. Il était évident que quelque chose s’était passé entre ce jeune homme et moi. Il m’avait fait sentir son désir et j’y avais été sensible. Son regard était son atout séduction et cela compensait sa petite taille. J’étais encore sous une impression très agréable et inattendue. J’avais senti mon propre désir surgir malgré moi. J’avais un côté « bonne sœur » où le désir n’existe pas. Pourtant il pouvait être puissant, insidieux et insistant. J’essayais de le contrôler mais il était là, présent en moi, tapi dans l’obscurité. C’était une partie intime et secrète. Dario possédait un magnétisme animal qui touchait sans doute ma propre animalité qui jusqu’ici était endormie. J’étais toujours stupéfaite de ressentir autant de sensations délicieuses qui me troublaient. Comment avais-je pu ne pas en être consciente ? Mon corps était sensitif et intelligent. Il fallait que je commence à lui faire confiance. Un spécialiste de la remise en forme du corps pourrait être ma solution miracle. Décidément, cette journée m’avait fait du bien. Je m’assis à coté de Noémie. Je commandai un citron pressé pour me désaltérer, j’en avais besoin.

Je lui racontai ma journée en détail. La salle de sport m’avait plu grâce à Dario, qui avait su atteindre une partie de moi, généralement inerte et inactive. Il s’agissait de mes pulsions sexuelles que je m’interdisais. La clé pour m’en sortir était Kelly. Noémie m’écoutait, pensive. Puis elle dit :

─« Ce jeune homme est une excellente rencontre pour toi. Tu as besoin d’être bousculée. Tu as le droit de t’éclater sans culpabiliser, Robin.

J’ajoutais : Kelly, je suis aussi Kelly, celle qui détient la clé pour me libérer du passé, des injonctions paternelles moralisatrices, de mon éducation de bonne sœur et surtout pour ne pas devenir comme ma mère, une femme obéissante et sous le contrôle de son mari. »

Mes propos énergiques et sincères firent rirent Noémie. Ce fut contagieux, j’étais surprise par mon audace verbale. J’avais envie de savourer ces moments avant mon retour au régime marital. Nous avons trinqué au champagne.

« Tu sais, le regard de Dario me transperce. C’est comme si ses yeux parvenaient à voir au-delà de mon apparence physique. C’est troublant et terriblement excitant. »

Je restais songeuse en pensant à Dario et à ma future salle de sport. Je dis d’un ton sérieux :

─ « Je crois que s’il sait s’y prendre, je coucherai avec lui ».

Hello Emmanuelle (partie 5)

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IMG_3231L’INCONNU DU SOFITEL

ROBIN ET KELLY SON  « ALTER EGO »

Je pénétrais dans la chambre. Il faisait sombre. Les rideaux étaient tirés. J’entendis de nouveau la voix de l’homme me dire doucement :

« Bonjour, mettez-vous à l’aise, je vous attendais. »

La voix était agréable et venait du lit qui était situé près de la fenêtre. Je ne parvenais pas à bien distinguer l’inconnu. Je voyais juste son visage tourné vers moi et ses yeux qui me détaillaient. Ses cheveux étaient bruns et bouclés. Je n’arrivais pas à répondre, aucun son ne sortait de ma bouche. J’étais quasiment en apnée. Il ne manquerait plus qu’il doive appeler les pompiers pour me réanimer. Ce serait le comble. Lucas découvrirait la vilaine fille que j’étais. Pour mon père ce serait le choc, pour ma mère moins. Elle savait que j’avais une partie de moi ainsi, malgré mes airs de Sainte Nitouche. Une bagarre naissait entre Kelly et moi. « Robin, ça suffit avec tes cogitations familiales et ta culpabilité. Casse-toi et laisse-moi apprendre pour une fois quelque chose de nouveau. Laisse la place à ton double érotique, à moi, Kelly celle qui peut te sauver de ton ignorance sexuelle sous tes airs de pimbêche snob. Je vais tenter de faire ce que je peux pour être à la hauteur. Dégage tu me gênes. » Sous cette injonction sans appel, je commençais à me déshabiller. Ma façon de faire n’était pas digne d’un strip-tease. Franchement, on aurait dit que j’étais en train de me désaper devant une copine. J’avais conscience d’être tout sauf sexy. C’était une catastrophe. Je parvenais à mieux distinguer les traits de l’homme tandis que je me déshabillais maladroitement. Il avait l’air de s’amuser. Il avait placé ses mains derrière la tête, toujours allongé sous les couvertures et semblait jouir du spectacle que j’offrais. Le pire fut quand je me suis assise sur une chaise pour enlever mes bottines. Je faillis les envoyer valdinguer sur le lit tant j’étais maladroite et énervée. L’homme me souriait et attendait la suite. Dans la pénombre, il semblait bel homme, la cinquantaine à peu près, le visage bronzé et buriné. Je me défaisais de mon jean. Voilà qui était fait. Heureusement qu’il faisait sombre dans la pièce. Kelly me talonnait mais je ne pouvais pas m’empêcher de contrôler et de cogiter. Kelly était une partie de moi en parfaite opposition à ma partie habituelle, à savoir la prude et fidèle Mme Ditchinsky. La déloger ne pourrait pas se faire d’un coup de baguette magique. J’enlevais mon soutien-gorge et plaçais mes bras en croix sur ma poitrine. C’était au-dessus de mes forces d’ôter ma culotte. Je ne parvenais pas à me débarrasser de ma gêne. L’inconnu tapota le lit à côté de lui pour que je m’approche. Cela ressemblait au geste qu’on faisait pour attirer un chien.«  Kelly arrête de penser. T’es comme une montre tic-tac tic-tac. Bon sang t’attends quoi pour monter dans le lit. Il fait froid avec l’air conditionné. Quoique tu fasses tu vas passer à la casserole alors inutile de réfléchir, Miss intello ». Je grimpai dans le lit en grelottant de froid. Je claquais presque des dents. L’homme me fit une place et m’obligea par un geste savant et sensuel à me rapprocher de lui. C’était très agréable. Je sentais ses jambes s’enrouler autour des miennes. Ses bras me tenaient serrées contre lui. Il sentait bon. Je constatais qu’il avait des poils sur le torse. Il m’embrassa sur les lèvres et me força gentiment à les ouvrir, puis ses mains commencèrent à parcourir mon corps. C’était un effleurage qui me donnait des frissons de plaisir. Je n’avais plus froid du tout. J’aimais son toucher et ses baisers. Il retira ma culotte. Je me montrais coopérative. Je ne pensais plus, j’étais transportée ailleurs, surtout lorsqu’il toucha mon sexe qui à ma grande surprise était humide. Kelly me lança « alors poupée, ça va mieux. C’est bon ce qu’il te fait, ça change de Lucas… ». Je souris en écoutant mon double érotique qui ne voulait qu’une chose : s’éclater. Finalement Kelly était drôle et ne se prenait pas la tête, seulement elle manquait d’expérience puisque c’était moi la femme en chair et en os, celle que les gens voyaient. Je cachais bien cette coquine de Kelly que j’avais tort de si peu écouter. Elle ne supportait pas Lucas. Moi non plus mais que faire maintenant ? « Arrête de penser et continue de te faire plaisir. Ferme ta « tête frigo » et ouvre-toi à la dimension du sexe, de l’érotisme et de la sensualité » me murmurait Kelly avide de recevoir ces caresses comme les plantes attendent l’eau. Je fermais les yeux et me laissait faire par l’inconnu qui prenait possession de mon corps. « Hé, t’es comme une étoile de mer, tu ne bouges pas, tu ne fais rien et tu retiens même tes gémissements de satisfaction. Ne gâche pas mon plaisir et lâche-toi pour une fois dans ta vie. » Je me comportais comme une planche parce que je ne savais pas quoi faire. Je réussis à lâcher mes râles de plaisir.  L’homme me tournait et me retournait comme une crêpe en douceur et d’une main de maître. Je mouillais de plaisir et je ne savais même pas le prénom de celui avec qui je baisais. C’était incroyable. L’homme était très excité par la situation et ma passivité ne semblait pas le déranger. Il me demandait à chaque fois ce que j’acceptais. Je refusai la sodomie. Il jouit sur mes seins. Je sentais son sperme chaud et humide sur ma poitrine. Je lui souriais. Il me demanda mon nom, je répondis Kelly. Il s’appelait Damien. On n’a pas vraiment parlé, il s’est levé pour prendre une douche. Je le regardais s’éloigner. Son corps était svelte, assez musclé et bronzé. Il avait beaucoup de charme et de doigté. Son sexe était plus gros que celui de Lucas. Ce n’était pas pour me déplaire. Je me suis levée un peu gauchement pour prendre ma douche à mon tour en me cachant derrière un oreiller. « La honte, ricanait Kelly, qu’est-ce que t’es en train de faire ? » Damien sourit en constatant ma maladresse induite par mon manque de confiance en mon corps. Je l’aimais habillé, pas nu. Après m’être lavée, je suis sortie de la salle de bain en peignoir, alors qu’il portait un jean avec une chemise blanche et une veste assortie au pantalon. Il était élégant, Noémie avait bon goût. Il m’a salué en me donnant un petit baiser et il n’a pas demandé à me revoir. Cet acte qui m’avait tant préoccupé faisait déjà partie du passé. Je l’avais fait. Kelly ajouta « nous l’avons fait « !

L’APRES SOFITEL ET MA VIE AU QUOTIDIEN

Je rentrais chez moi heureuse malgré le fiasco que je venais d’essuyer. Il n’y avait rien à dire : j’étais nulle au pieu comme on dit vulgairement. Il fallait que je trouve le moyen d’évoluer coté sexe. Je riais toute seule, je me sentais drôlement bien et non triste comme d’habitude. Alexia me regardait surprise, elle n’était pas habituée à me voir rire et en plus seule. Elle avait fini le ménage. C’était parfait, je pouvais appeler Noémie. Alexia continuait de m’observer avec insistance tandis qu’elle se préparait à partir. Je lui lançais :

« A demain, bonne fin de journée ! » pour la booster et qu’elle cesse de m’espionner. Elle assurait le ménage et la préparation des repas, elle était bien mais trop fouineuse à mon égard. A sa décharge, il faut avouer que mes comportements pouvaient intriguer. Elle ignorait que sa patronne avait un double. Dès que la porte d’entrée claqua, je me ruais sur le téléphone. Il était un peu plus de 18 h, j’étais tranquille, Lucas rentrerait tard. Mon mari vivait sa vie comme il l’entendait tout en sauvegardant une façade d’homme marié, heureux dans son couple. Après l’amour, je n’avais aucune envie de rire comme ce fut le cas avec Damien. Noémie attendait mon appel pour que je lui raconte les détails croustillants de mon après-midi au Sofitel. Je n’omis rien et je lui avouai combien ma nudité représentait un problème pour moi. Il y eut un silence au bout du fil. Elle réfléchissait comment résoudre ce problème pour que je sois mieux avec mon corps. Une idée lui traversa l’esprit :

« Et si tu faisais du fitness dans une salle de sport ? »

Je trouvais que c’était une bonne idée. Ce serait une façon d’être en contact avec mon corps et de me sentir plus à l’aise peut-être. C’était une bonne conception de ma mise en vie, de m’habituer à ce physique qui était mien et pourtant étranger, au travers de mouvements et de musique. Je lui demandais si elle avait autre chose en tête pour continuer avec des actes qui m’obligeraient à me dépasser. Elle réfléchit puis me répondit :

« Oui, je pense avoir quelque chose d’intéressant pour toi. Cela pourrait accélérer ton niveau. Ça ne se passera pas à Paris. Il faudra que tu prennes le train ».

Je restais sans voix, scotchée par sa réponse.

« Trouve un centre de sport sympa déjà, on se voit demain dans la soirée si tu veux ».

Hello Emmanuelle (partie 4)

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IMG_3146LE RENDEZ VOUS DU SOFITEL

J’appelais Noémie dès que Lucas quitta l’appartement le lendemain matin (sinon on se perd dans la chronologie). Le rendez-vous était prévu pour le jour même. Je fus prise de cours et j’eus un moment de panique. Noémie tenta de me rassurer et vérifia que j’étais toujours prête à accomplir cet acte. En fait, ça m’excitait terriblement et ce n’était pas facile de me l’avouer. J’étais le genre de femme à qui il n’arrive jamais rien, mais ce n’était qu’une apparence. Je pense que j’essayais de titiller mon destin de femme amoureuse. Noémie le savait. J’étais pleine de contradictions et ce n’était pas facile à gérer. Je devais retrouver Noémie vers 13 h au bar du Sofitel. A 14 h il était prévu que j’entre en action. J’hésitais à mettre ma nouvelle robe. Finalement j’enfilais un jean et un débardeur noir, décolleté et sexy. J’avais pris soin de mettre mes nouveaux dessous. Je retroussais le jean, ainsi je pouvais porter mes bottines. Mon collier de perle serait de la partie. Ces objets fétiches me permettaient d’entrer en contact avec ma partie « inhabituelle et érotique ». J’espérais ainsi me débarrasser de Robin « l’épouse immaculée » et me glisser dans la peau d’une femme émancipée et sensuelle. Ce rôle était sans doute plus proche de ma véritable personnalité. J’étais en train de rentrer dans un jeu d’érotisme chic. Emmanuelle m’avait fait découvrir, qu’il n’y avait pas que le style « pute » de Pigalle la nuit qui excitait les hommes. De plus, je n’avais pas 20 ans mais sexuellement parlant, j’étais loin de la maturité. Ce qui me sauvait c’était de l’ignorer. Je me jetais dans la gueule du loup, innocente malgré mes 43 balais. Mes cheveux étaient plus longs que ceux d’Emmanuelle, mais je parvins à les plaquer et à reproduire l’effet mouillé avec du gel. L’opération transformation était réussie. Le téléphone sonna. C’était Lucas qui me prévenait qu’il rentrerait tard. Auparavant, cela m’aurait contrariée, aujourd’hui cela m’arrangeait ; je serais tranquille chez moi pour me remettre de mon premier acte transgressif. J’avais pris soin de prendre mes lunettes de soleil au cas où je tomberais sur une connaissance. Je pris ma veste jean, le genre que portait Marilyn Monroe dans les westerns. Je partais trop tôt mais c’était pour repérer l’hôtel, parvenir à me garer et surtout je me sentais trop nerveuse pour rester chez moi.

J’arrivais à destination. Il n’était pas si tôt que ça à cause des embouteillages. J’étais loin de me sentir calme. Je mourais de faim. Je franchissais la porte de l’hôtel, mes lunettes noires sur le nez avec une démarche à la Marilyn Monroe. Cette façon de me mouvoir était innée sauf quand j’étais nue ou en maillot de bain. Dans ces moments-là, mon moi habituel faisait barrage et je ressemblais à un soldat en mission. Toute trace de sensualité s’envolait, j’étais sur mes gardes en tenue d’Eve, je me sentais «vulnérable». C’était incontournable.

Je croisais des hommes et des femmes élégants. La politesse à la réception était de mise. L’endroit respirait le luxe. Ça me plaisait, je commençais déjà à me sentir différente. J’avais une mission à accomplir. Est-ce que je saurais m’en acquitter ? J’arrivais au bar du Sofitel. Il y faisait sombre. Noémie m’attendait. Elle portait un pantalon écru en lin et un chemisier rose fuchsia qui tombait par-dessus le pantalon. Elle était jolie et j’étais contente de la retrouver. Elle était mon lien avec ma partie érotique, mon espoir de la faire vivre et de me donner la possibilité de vibrer un jour sous les caresses d’un homme. Quel délice ce serait. Noémie proposa que nous prenions une salade dans la salle à manger qui se trouvait dans un patio ombragé et délicieusement décoré. Un serveur nous amena à une table. Je commençais à me sentir nerveuse comme pour passer un examen. Je confiais mes craintes à Noémie. Elle me sourit et me fit comprendre que je pouvais me détendre, qu’il ne m’arriverait rien de grave. Il s’agissait seulement de retrouver un inconnu dans une chambre d’hôtel. « Rien que ça, » fis-je en pouffant d’un rire nerveux comme du temps où j’étais lycéenne. Je lui posais un tas de questions du genre :

─ « qu’est-ce que je vais faire quand je serai devant lui ? Et elle me répondait :

─  Tu vas déjeuner, boire un coup et je t’assure que tout va bien se passer.

─ Tu m’accompagneras jusqu’à la porte de la chambre ?

─ Bien sûr » me répondit Noémie d’un ton rassurant.

Je commandais une salade de chèvre-chaud avec des lardons. Noémie prit une salade américaine avec des morceaux de poulet et demanda un pichet de rosé tout de suite. C’était vraiment agréable, dommage que j’avais cette crampe au creux de l’estomac tant j’étais tendue. Nous avons terminé par un café. L’amour, le sexe et les hommes furent notre unique sujet de conversation. Noémie adorait les hommes et moi j’avais tendance à attirer les machos. Mes sentiments étaient très mitigés vis-à-vis d’eux. C’était un mélange d’attirance et de répulsion. J’amusais Noémie et je riais moi-même de ce que je disais. Le rosé faisait son effet. Je me sentais beaucoup mieux et plus détendue.

Noémie m’attendit le temps que j’aille aux toilettes me refaire une beauté. Je transpirais sous les aisselles malgré l’air conditionné. Je soulevais mes bras pour détecter une éventuelle mauvaise odeur. Je regrettais de ne pas avoir apporté de déodorant. J’avais un peu d’eau de toilette. Je m’aspergeais pour enlever toute odeur désagréable. Je retrouvais mon initiatrice et nous nous sommes dirigées vers l’ascenseur. En arrivant à l’étage, j’ai commencé à vivre un rêve éveillé. Ça ne pouvait pas être moi qui allais me mettre dans cette situation. Rentrer dans la peau d’une autre me permettrait d’être plus à l’aise. J‘ai su à ce moment-là que je devais changer de prénom pour cette mission très spéciale. Noémie connaissait le numéro de la chambre, elle avait tout bien orchestré. Je lui annonçais que je m’appelais Kelly pour cette opération imminente. Nous étions devant la porte au troisième étage du Sofitel, de mon futur amant de passage. Je n’avais plus peur, j’étais dans un état second. Ce n’était plus Robin mais Kelly. Noémie me lança :

─ « A toi de jouer Kelly, appelles moi plus tard. Tout ira bien, sois détendue et jouis de l’instant présent. Ce n’est que le début de ton émancipation. »

Je frappais à la porte tandis qu’elle avait déjà disparu. Je me retrouvais seule dans une situation incroyable. Ciel, comment en étais-je arrivée là ? Une voix d’homme me dit d’entrer.

 

Hello Emmanuelle (partie 3)

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IMG_3182Le matin, j’attendais avec impatience que Lucas s’en aille. Au bruit du claquement de porte, je me ruais sur le téléphone. Fébrile, je composais le numéro de Noémie. J’espérais l’avoir au bout du fil. Ce fut le cas. Elle ne pouvait pas parler. Elle me donna rendez-vous dans un café proche de chez moi dans la soirée. C’était parfait. Je fis ma toilette, enfilais un jean et un débardeur. Je secouais ma tête pour que mes cheveux se mettent en place. Ce fut une réussite. La coupe de Noémie était parfaite. J’enfilais mes tongs. Il faisait trop chaud pour mettre des bas ou des chaussettes. Je descendis au parking pour prendre ma voiture. Elle était petite et facile à garer. Je voulais trouver un magasin où je pourrais acheter une robe similaire à celles que portait Emmanuelle ainsi qu’un collier de perles qui ressemblerait au sien. J’étais en train de m’identifier à elle. J’arrivais à hauteur de la rue de Sèvres où il y avait des magasins branchés. Je ne trouvais pas mon bonheur. Bredouille, je revins dans mon quartier. Je garais ma voiture non loin des boutiques de mode de la rue de Passy. Je finis par trouver ce que je cherchais. J’essayais plusieurs robes. Je la voulais sexy et qu’elle mette mon corps en valeur comme celles du film. La robe que je finis par choisir après beaucoup d’hésitations était blanc cassé avec des pois rouges. Le décolleté était plongeant. J’avais plus de poitrine qu’Emmanuelle et un autre genre de gabarit et de style. Pourtant, ce n’était pas difficile de m’identifier à elle. Elle me servait de modèle pour avancer sur les traces de « l’autre moi, » la friponne sexy que je ne connaissais pas encore. Le tissu de la robe ressemblait à de la soie et laissait deviner mes courbes. Elle était courte, au dessus des genoux. La vendeuse était mignonne, jeune et brune avec des cheveux courts et bouclés. Elle m’avait aidée pour le choix de la robe. Elle me suggérait d’acheter un soutien-gorge qui mettrait plus en valeur la naissance de mes seins. Il devenait nécessaire que je m’équipe en lingerie fine et coquette. Cette petite vendeuse était de bon conseil. Je tâtais discrètement les liasses de billets dans mon sac à main, subtilisées à mon mari, après ses parties de poker et de que sais-je ? Cela m’évitait de dilapider l’argent de mon compte avec ma carte bleue. Je souris car visiblement, j’étais moins cruche que je ne le pensais. Il me fallait aussi une paire de bottines comme Emmanuelle et un nouveau rouge à lèvre rouge vif ainsi qu’un crayon pour dessiner le contour de ma bouche. Il était déjà 16 h 30. J’allais tenter de terminer mes achats avant de voir Noémie. Je me trouvais à 10 minutes du rendez-vous, à pied de chez moi. Je parvins à tout trouver, mes bottines, le rouge à lèvres et surtout l’emblématique collier de perles. Je me sentais heureuse et en phase avec l’inconnue que je mettais en vie. Finie l’existence de zombie, de morte-vivante. Des hommes me regardaient bien que je ne fus pas dans une tenue avantageuse. Je devais dégager des énergies de bombe sexuelle refoulée prête à exploser avec l’un d’eux. Où était passée l’épouse résignée et sage de M. Ditchinsky ? Il ne me manquait plus que le célèbre fauteuil en osier d’Emmanuelle.

LE PREMIER ACTE À ACCOMPLIR

Je rentrais chez moi cacher mon butin. Il ne fallait pas que Lucas tombe sur mes achats. Il était impératif qu’il continue à me voir comme avant. J’avalais un verre d’eau d’un trait, tant j’avais soif à cause de mon excitation. J’allais transgresser des interdits. Le sexe et moi c’était compliqué si je laissais mon côté « frigo » prendre les rênes. Je sentais mon corps en effervescence, mon cœur battait vite, j’avais un peu peur de mes nouvelles audaces. En tout cas, aujourd’hui, je n’avais rien d’un zombie. Je planquais aussi les liasses de billets qui me restaient. Palper cet argent me procurait un plaisir intense. J’aimais l’argent. Il me plaisait de me sentir comme une « pute » et cela m’excitait de pouvoir agir en tant que telle. Je fonçais au café où je retrouvais Noémie. Elle sirotait un jus de fruit, toute vêtue de vert pomme et rose. Elle se mettait rarement en jupe et ne se fardait quasiment pas. Elle avait un style personnel et possédait du sex-appeal. Elle aimait le sexe et les hommes. Elle appréciait les avancées du féminisme sur le plan pratique à cause de l’avortement et de la pilule mais elle prônait la sexualité au plus près de la féminité. Là où l’on se permet rarement d’aller. J’en représentais l’exemple parfait. J’étais en train de prendre en compte ses théories.  Elle me détailla avec une moue de réprobation. Ma tenue de ce matin ne semblait guère l’emballer. J’avais transpiré et j’avoue que je n’avais pas fait un gros effort vestimentaire. On a ri et nous sommes passées à des choses plus sérieuses. Je commandais un verre de rosé pour être prête à écouter les actes que je devrais accomplir.  Devant l’air solennel de Noémie, je pouffais de rire. Mes nerfs lâchaient dans le fou rire. Je lui racontais ma journée et mes achats d’une voix saccadée et nerveuse. Elle souriait, visiblement contente, je l’amusais. D’un ton qui se voulait grave, elle me lança :

« Tu es prête à accomplir un premier acte sans te rétracter ? Elle ajouta doucement mon prénom : Robin. »

J’étais Américaine par mon père et je m’appelais de mon nom de jeune fille Robin Fellow’s. Ma mère était russe, assez représentative des personnages de romans slaves, de grands amoureux, torturés, et souvent portés sur la boisson. L’amour fut sans doute sa faille. Il existe un mystère concernant ma mère qui fait partie des secrets de famille et qui a empoisonné ma vie. Noémie me demanda si je l’écoutais vraiment. Je lui répondis que je pensais à ma famille.

« Tu veux porter ta croix toute ta vie ou bien profiter du temps qu’il te reste pour t’éclater ? ».

Je la regardais, elle semblait sérieuse. Elle me bousculait dans la lenteur de mes vieilles habitudes. J’avais un héritage difficile à gérer qui me venait du coté slave et compliqué de ma mère. Je lui répondis avec un zeste d’inquiétude :

« Vas-y Noémie, dis-moi ce que je dois accomplir comme premier acte.

─ Tu vas coucher avec un homme que tu ne connais pas.

─ Quoi, lui répondis-je affolée, tu plaisantes ?

─ Non, ma chérie, pas du tout. »

Je me mis à tousser nerveusement jusqu’à en avoir les larmes aux yeux.

─ « Tu es sérieuse ? lui dis-je dans un souffle.

─  Tout à fait » me répondit calmement Noémie.

Elle ajouta avec douceur « Si tu le veux, bien sûr. »

Nous étions dans un café Place de la Muette. Il y avait du monde sur la terrasse. Ce début de printemps était exceptionnel. Je me sentais bizarre mais j’étais prête à faire ce qu’elle me suggérait. Je souhaitais seulement plus de détails concrets tant la proposition me paraissait absurde. Où, quand et avec qui ? Noémie  me parla d’un hôtel, le Sofitel de la rue Saint-Honoré pour mon premier acte libératoire. On déjeunerait toute les deux au snack de l’hôtel, puis je partirais rejoindre l’inconnu dans sa chambre. Elle connaissait l’homme en question. Sans doute avait-il été son amant. J’osais lui demander :

« Comment je vais faire pour m’envoyer en l’air avec un homme « à froid », sans l’avoir vu ni lui avoir parlé avant ? »

Noémie répliqua avec humour :

─ « Voyons Robin, le temps que tu trouves un mec et en plus qui parvienne à t’arracher à ta précieuse petite vie aseptisée, quasi sans sexe et à te chauffer jusqu’à ce que tu craques, tu seras déjà vieille. Allons, ma petite chérie, tu n’es plus de la première jeunesse, il faut prendre le taureau par les cornes et ne pas réfléchir. »

Elle avait raison. Je souris en touchant mon pendentif de chez Dinh Van et finis mon verre de rosé cul sec. Noémie rit devant ma moue perplexe et inquiète, tout en sirotant sa boisson rose bonbon avec une paille, l’œil pétillant. Toutes ces mises au point semblaient l’enchanter. Un homme à la table à coté nous observait. Noémie lui décocha un rapide coup d’œil de connaisseuse. Il était jeune et joli garçon. Elle lui sourit. On régla l’addition. Elle m’appellerait demain afin de mettre au point le jour et l’heure de mon premier acte.

COGITATION  ET PRÉPARATION A L’ACTE POUR ROBIN

Rentrée chez moi, je courais vérifier mes nouvelles affaires. J’avais méticuleusement mélangé ma robe Emmanuelle au milieu d’autres vêtements dans ma penderie. Mes bottines et mon collier étaient cachés dans une vieille boite à chaussures. Je prenais une douche. Je me sentais sensuelle et d’humeur à faire l’amour. L’eau tiède glissait sur ma peau et me faisait du bien. Je pensais à Noémie, à mon éveil sexuel tardif. J’avais envie de sourire, d’être féminine et sexy. Avant d’avoir vu le film Emmanuelle, je ne réagissais pas ainsi. J’écoutais les frasques de Noémie sans penser qu’elles pourraient avoir une interférence sur ma propre vie sexuelle. Je me regardais nue dans le miroir de la salle de bain. D’ordinaire, je ne m’examinais jamais dans ma tenue d’Eve. Quelque chose changeait en moi. Ma vie terne, sans amour réel me pesait. Au fond de moi, je me disais que le sexe entre deux personnes ne pouvait pas n’être que ce que je connaissais. J’étais persuadée qu’il y avait autre chose. Le lendemain, j’avais mon rendez-vous pour rejoindre l’inconnu du Sofitel. Cela me convenait comme lieu. Un cinq étoiles, rien que ça. L’argent m’attirait, le côté « pute » des femmes aussi. Il était temps de rencontrer cette facette de moi. Lucas arrivait. Il faisait toujours grise mine quand il rentrait comme si la journée avait été harassante. C’était une façon de s’assurer que l’on ne discuterait pas. Le fait est qu’on n’avait surtout rien à se dire. Il enfila ses pantoufles. Je m’étais fringuée avec un vieux short et un débardeur de la même année. Je ne voulais surtout pas que Lucas voie un changement chez moi. J’étais sa bobonne tristounette, sans vie. C’était parfait. J’essayais de ne pas trop penser au Sofitel et à Noémie. C’était difficile, je ne pensais qu’à ça en avalant gloutonnement ma part de côte de bœuf saignante cuite au four par Lucas. On avait des frites en accompagnement. C’était un délice. Cette nourriture excitait mes sens et ma sensualité. Mon mari me regarda surpris et me dit :

« On dirait que tu n’as pas mangé depuis plusieurs jours. »

Je répondis mollement, contrairement à la cadence de ma mastication :

« Je suis désolée de manger aussi salement, c’est vrai que j’avais très faim. »

Fin du dialogue, mon mari continua à regarder la TV. Je ne l’entendais même pas tant j’étais occupée à ronger l’os de la côte de bœuf. C’était ma spécialité, même au restaurant. Ce que j’ignorais, c’était qu’une femme pouvait ronger gloutonnement autre chose qu’un os de côte de bœuf. Je n’en étais pas encore là.

Hello Emmanuelle (partie 2)

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IMG_3154Le  prochain  épisode  de « Hello Emmanuelle »  se profile  à  l’’horizon.

Où en est la sexualité des femmes depuis les années 1970 ? A l’’époque, il y avait seulement « La Mère et La Putain ». Donc, les mères et les femmes qui ne sont pas mères vont entreprendre un voyage dans la zone encore inconnue du continent noir.

Bon voyage au cœur d’’une pérégrination d’’une femme à la recherche d’’elle-même qui découvre qu’elle a des désirs cachés et inavoués.

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Hello Emmanuelle (partie 2)

─ « C’est quoi passer à l’acte ?

─ C’est vivre » me répondit Noémie.

Je lui demandais ce que je pouvais faire pour échapper à ma « non vie et vivre. » Elle savait que j’allais voir le film Emmanuelle et me répondit :
« Quand tu auras vu le film, appelles moi. On prendra un café et je te guiderais, pas à pas, pour que tu sortes enfin de ta misère sexuelle. Soit tu en es capable, soit tu continueras à vivre en refoulant tes instincts et tes pulsions.»
Elle coupa mes cheveux mi- longs pour qu’ils puissent se remettre en place facilement.  Puis, elle me coiffa divinement en me faisant un look mi sophistiqué, mi sauvage. Cela me changeait et me donnait un genre plus émancipé, comme Jane Fonda dans un de ses films. Je me maquillais avec soin. Lucas rentra. Il eut un regard surpris. Je devais dégager quelque chose d’inhabituel. Ma coupe ravageuse mettait en valeur mon visage et mes lèvres recouvertes d’un beau rouge vif. J’avais dessiné les contours de ma bouche avec un crayon à lèvres. Je le faisais rarement. Noémie m’avait aidée. Lucas tenta même de m’embrasser ce qui n’était pas dans ses habitudes.
« Non pas maintenant, je suis maquillée » lui dis-je en le repoussant en douceur. Je n’avais pas envie qu’il me touche. Il ne se préoccupait jamais de savoir si je souhaitais qu’on fasse l’amour. Son désir était roi, il semblait normal que je me soumette. Ce soir, je ne m’étais pas gênée pour ne pas céder à ses avances. J’étais moi, et il y avait cet autre─  ma jumelle ─ qui ostensiblement m’attirait vers un ailleurs. Le sexe, ma sexualité faisaient partie du parcours. Cela me faisait un peu peur mais j’aimais les risques. Mon mari vivait avec « deux femmes » sans le savoir. Il me trompait sans état d’âme et voyageait beaucoup. Il préservait ainsi son couple et baisait ailleurs en toute quiétude. Il avait une double vie. Ce n’était pas un mystère.  Je m’apprêtais à faire de même. Je serais insoupçonnable. Lucas ne connaîtrait jamais mon « autre moi », la sensuelle, légèrement perverse et sulfureuse. Je la pressentais. Noémie m’aiderait à soulever le voile de l’interdit. Je souhaitais m’ouvrir au monde de la chair et sortir du virtuel. Je désirais ardemment aborder et découvrir une autre sexualité que celle que je connaissais.

L’ARRIVEE DEVANT LE CINÉMA POUR LA GRANDE PREMIÈRE D’EMMANUELLE
Il y avait un embouteillage monstre sur les Champs Elysées. Mes parents étaient venus nous chercher en taxi pour cette occasion. Le chauffeur savait comment atteindre le cinéma en évitant le flot massif des voitures. Il faisait très beau. L’air était doux bien qu’il fût déjà 20 h 30. La séance devait commencer à 21 h en présence de la nouvelle actrice tant attendue, des autres acteurs, du metteur en scène et de son producteur. C’était la soirée où il faisait bon d’être vu. Je m’en fichais complètement. Je n’avais pas d’état d’âme. Je me percevais empesée et mal à l’aise. Je n’aimais pas me sentir apprêtée. Ma mèche blonde me tombait sur les yeux. Des flashs de photographes crépitaient de tous les côtés. Les hommes me regardaient ce qui flattait mon mari. Ma mère portait une robe de grand couturier. Elle s’était fait prêter des bijoux pour cette soirée par la joaillerie Chaumet dont elle était cliente. Sa robe longue était colorée à prédominance rose fuchsia. Elle semblait déjà éméchée. Sa démarche en témoignait. Mon père s’arrêtait à chaque seconde pour dire bonjour. Nous fûmes enfin assis. Tout ce beau monde caquetait. Les femmes se dévisageaient, examinant mutuellement leurs apparats. Les hommes bavardaient. Un silence s’installa quand le présentateur fit venir l’actrice principale sur scène, puis à leur tour, les autres acteurs et actrices. Là, j’ai craqué. J’ai senti de l’émotion. Cette femme était une bombe, la salle était en délire et applaudissait. Ce fut un moment fort pour moi. J’avais des frissons et des ondes électriques parcouraient mon corps. J’avais rêvé de devenir actrice alors que j’étais encore à l’école. C’était une façon de devenir quelqu’un d’autre. Cela m’avait toujours plu. Dans la vraie vie, j’avais l’impression d’avoir mes deux pieds enlisés dans un marécage boueux de sables mouvants dont je ne parvenais pas à m’extirper. La salle était pleine à craquer et le public trié sur le volet applaudissait par vagues. Je devais avouer que je ne m’attendais pas à vivre une telle soirée. Elle ne faisait que commencer. Mon père et ma mère étaient assis côte à côte et je me retrouvais encadrée par mon mari et mon père. Un velours rouge cramoisi décorait les murs de la salle de cinéma, assorti au lourd rideau de la scène. Il était tiré pour que les personnes puissent monter sur scène lors de la présentation de l’équipe du film. Les sièges étaient recouverts d’un tissu rouge plus clair. Les robes des femmes créaient une symphonie de couleurs vives. Sylvia Kristel portait une robe blanche fluide qui paraissait être de la soie. Elle était grande, mince et ses courbes harmonieuses et sexy étaient livrées aux regards. Sa robe décolletée arborait de fines bretelles et la moulait divinement. Son visage était ravissant. Ses cheveux auburn étaient courts et coiffés de telle sorte qu’ils paraissaient mouillés. Cette actrice était un ravissement pour moi qui recherchait mon identité féminine et sexuelle. J’étais envoûtée, subjuguée. Mon mari et mon père ne remarquèrent même pas l’effet qu’elle me faisait. Ils n’avaient pas l’air aussi ému que moi et ma mère non plus. L’imposant rideau cramoisi finit par se refermer. Tout le monde reprenait sa place. Je n’avais rien écouté de ce qui s’était dit sur scène. J’étais trop occupée à dévorer Sylvia Kristel des yeux. Je repensais à Noémie, aux actes qu’il me faudrait accomplir pour sortir de mon marécage et devenir une femme sexuelle et sensuelle. Le film commença. Ce fut un choc, une révélation. Je m’étais projetée dans le personnage d’Emmanuelle. Quelque chose de magique s’opérait en moi. Je m’identifiais à cette femme. Ce n’était plus un film mais une réalité. Cela pourrait devenir la mienne.

L’EMPREINTE D’EMMANUELLE
Les voyages d’Emmanuelle dans les différentes parties du globe et au milieu des hommes me portaient à réfléchir sur ma sensualité et mes envies. Elle succombait aux désirs masculins et semblait prendre un plaisir qui la menait à la jouissance. Pour moi, c’était difficile à comprendre car j’avais été élevée dans la soumission au père, à l’homme. Ce film m’obligeait à reconsidérer mes repères dans l’amour. Jouir d’être l’objet d’un homme me paraissait étrange, agaçant et pourtant possible. Sylvia Kristel représentait à mes yeux une femme belle, pleine de séduction et sans complexes. Elle savait qu’elle était désirable et elle succombait avec délices aux baisers et aux caresses des hommes. Parfois, devant certaines scènes osées, je me sentais gênée d’être assise à côté de mon père. A la fin du film, les gens étaient debout et applaudissaient. Je trouvais la réaction du public émouvante.  Pourtant c’était un film osé et très érotique à la lisière d’un porno. Je n’osais pas applaudir comme j’en avais envie. Je craignais les réactions de Lucas et de mon père. Je me sentais intimement excitée. Heureusement que les sensations et les émotions peuvent rester secrètes. Le public quasiment en délire, me donnait la chair de poule. Mon père et mon mari, nous pressèrent ma mère et moi pour  échapper à la ruée et retrouver le chauffeur. Il nous attendait dehors. Nous fûmes parmi les premiers à sortir. Il avait garé la voiture plus loin pour éviter la foule et les badauds qui guettaient la sortie les vedettes du film. La soirée continuait chez Maxim’s, le célèbre restaurant rue Royale.  Nous étions conviés à un souper privé. L’éclairage du restaurant était tamisé. Les murs avaient la même couleur que la salle de cinéma, rouge cramoisi. Cela créait une ambiance chaude et sensuelle. On pouvait entendre de la musique. Des gens dansaient sur la piste. Nous étions installés à une table près de l’entrée. Je n’ai pas revu Sylvia Kristel. Nous étions avec des amis de mes parents. L’ambiance était conventionnelle comme j’en avais l’habitude. Ma mère complètement saoule s’était levée et s’était accrochée à la jambe d’un ministre en fonction. J’étais gênée comme à chaque fois qu’elle se comportait mal. Mon père a feint de ne rien voir. Le ministre l’a poliment et fermement dégagée pour libérer sa jambe. Je reçus comme les autres femmes à cette table, un cadeau du bijoutier Dinh Van. C’était une chaînette en or avec une petite pomme, sur laquelle était gravé Emmanuelle. J’ai demandé à Lucas qu’il me l’accroche autour du cou. En dehors du cadeau, cette soirée ne me plaisait guère. Puis, les sorties où ma mère se faisait remarquer à cause de son ébriété me faisaient honte. L’image féminine de cette dernière était désastreuse et douloureuse pour moi.
A priori, l’équipe du film nous avait faussé compagnie à mon grand regret. Mes parents et Lucas avaient aimé le film.
« C’était saisissant de sensualité », approuvèrent les deux hommes.
J’étais surprise que mon père ait apprécié ce spectacle, lui qui bannissait tant en paroles le sexe et les femmes faciles. Ma mère fit entendre un hoquet en guise de réponse. Mon père aimait dire que le sexe était une affaire d’hommes. Je comprenais ce soir que c’était aussi mon affaire. Ce film avait créé une sorte de révolution dans ma tête et Emmanuelle devenait un guide érotique, avec Noémie pour me conduire au-delà du carcan dans lequel j’étouffais. Dans la limousine qui nous ramenait à la maison, seule avec Lucas, je songeais à des scènes du film. J’avais hâte de tester mes aptitudes sexuelles avec l’aide de Noémie. Mon mari rentrait souvent tard le soir ou s’absentait pour affaire. C’est ce qu’il souhaitait me faire croire. Je n’aimais pas me retrouver toute seule aussi souvent mais je pense que cela allait me faciliter les choses et me donner une certaine marge de liberté d’action. Je touchais la chaîne autour de mon cou et je souris. Je n’avais pas perdu ma soirée.

Les tueurs d’âmes, ou « souls killer’s »

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manipulation

Les Tueurs de l’âme, en anglais  « soul killer’s » existent bel et bien. Attaquer l’âme devient un meurtre parfait car impossible à prouver. La personne atteinte par ce poison invisible qui pénètre son âme et son corps risque la mort. Ceux qui n’ont pas connu ce genre de monstre à l’aspect humain ne peuvent pas comprendre et souvent refusent d’y croire. Ce genre de personnage peut insidieusement détruire une famille entière. C’est comme vivre avec un tyran qui sème la terreur et qui s’autorise le pouvoir de vie et de mort. Cette terreur s’estompe, certes si on survit au monstre, mais jamais totalement. Est-il né avec le pouvoir de tuer, en anglais « Born to kill », ou lui-même a-t-il  reçu un choc traumatique qui en a fait un monstre sans empathie, je ne saurais le dire. Quand on grandit auprès d’un (une) manipulateur(trice), l’enfant deviendra la proie idéale pour lui distiller le poison peu à peu afin de lui faire un lavage de cerveau tel que pour en sortir il lui  faudra des années de thérapies, de sevrages s’il souhaite se retrouver lui-même. Déjà, il lui faudra une prise de conscience pour comprendre qu’il s’est perdu, que son chemin de vie a été faussé et que la perception qu’il a de lui-même est erronée. C’est terrifiant cette sensation d’être rien sinon qu’une marionnette dont même les émotions sont faussées. Ces manipulateurs, hommes ou femmes, sont redoutables et renvoient à l’enfant cible que tout est dans sa tête et que tout ce qu’il ressent est faux.

Comment sortir de ce guêpier d’enchevêtrements d’idées importées  du cerveau d’un adulte qui prend peu à peu possession du cerveau d’un enfant pour l’imprégner de ses propres pensées et qui s’apprête à lui voler sa vie et son identité propre ? Allez expliquer ça à quelqu’un qui dira que le monstre a raison et que vous êtes déraisonnable de penser ainsi. C’est à rendre fou de ne pouvoir se défendre contre un meurtre psychique.  Une personne que je connaissais avait placé sur son mur du salon un immense tableau. Cela représentait une scène où il était minuscule et en dessous était inscrit « Where am I ? », en Français « Où suis-je ? ». Il est mort quelques années après que son père bourreau soit décédé. Il ne pouvait plus vivre car il n’avait aucune autonomie propre, même adulte. Il est mort empoisonné par son parent qui en avait fait sa marionnette, sa chose. Ses pensées propres avaient été pénétrés et le parent avait toujours accès intérieurement à son cerveau et contrôlait toujours ses émotions, même mort comme une mémoire fantôme. De plus, suivant le souhait du vampire défunt, il vivait dans l’appartement de son père imprégné de ce dernier. Il était constamment malade et je lui avais suggéré de vendre l’appartement pour passer à autre chose. Il ne voulait pas. Il demeurait fidèle au funeste testament de son manipulateur. C’était fou, il était encore sous son emprise et n’en avait aucune conscience. Difficile à comprendre mais ce sont des vampires de l’âme. Vous ne pouvez que vous perdre quand ce processus commence dès la naissance. C’est le travail d’une vie pour se libérer d’un tel personnage maléfique qui vous a connu et manipulé dès le berceau.

C’est surnaturel, je l’admets et c’est pour cela que c’est difficile à admettre. C’est le genre d’histoire qui fait penser à l’exorciste ou Rose Mary’s baby. Ce sont des  films où des gens sont possédés par des démons et qui deviennent fou car personne ne les croit. Cela ressemble aussi au cinéma d’Hitchcock. Mais ce n’est pas du cinéma cela existe dans la vie réelle et les cinéastes ont su exploiter ce sujet méconnu des tribunaux de justice encore au 21é siècle. Ces monstres ont l’air charmant, bienveillant  et  vous leur donneriez le bon dieu sans confession. Ils (elles) ont un charisme fantastique, vous ne pouvez qu’être séduits et c’est là où l’enfer commence pour sa victime qui, grande, va souvent se fourvoyer dans une vie qui ne lui convient pas, car sous l’emprise du charme de son bourreau qui sait convaincre et menacer si nécessaire. Ce dernier  sait lui démontrer que ce qu’il  ressent est pure imagination et aucunement la réalité. La victime aura du mal à avoir confiance en elle-même et sera sans cesse en train de subir des critiques du parent. C’est un poison invisible qui fait que la personne qui subit ça est en colère, a peur de son bourreau, de lui désobéir car il a vécu dans la terreur et sait ce que son parent lui a fait subir comme violences et abus dans l’enfance. Ils (elles), ces monstres peuvent être des pédophiles et infliger à l’enfant de subir l’inceste. Ils se sont octroyés le pouvoir de vie et de mort sur leurs chérubins et même de cuissage. Ils n’ont aucun scrupule à les détruire peu à peu. Ce sont des tueurs (killer’s) en anglais. Ils sévissent partout dans une impunité parfaite.

Quand quelqu’un  vit avec un individu qui a pris un tel ascendant sur lui, Il a de grandes chances d’être clivé. Une partie de lui s’identifiera à l’agresseur et une autre partie de lui-même, ce qu’il est réellement, rentrera en conflit avec la partie aliénée. C’est une histoire invisible qui se joue entre des énergies opposées. Thanatos, la mort et Eros, la vie. C’est une lutte inconsciente entre la vie et la mort. Oter à un enfant par la persuasion que ses propres perceptions, émotions et intuitions  sont fausses est un crime. Ainsi ce meurtrier psychique a pénétré l’intime de l’enfant qui n’aura jamais connu ses limites. Retrouver ses limites nécessite une volonté de fer pour reconnaitre ce qui est soi et ce qui appartient au vampire dont les idées et décisions empoisonnés ont libre accès à l’intérieur de l’enfant puis continueront leurs dégâts quand il sera devenu adulte. Le poison est là, actif, puissant et ce personnage qui adore dominer, déteste qu’on lui résiste. Le chantage affectif, les menaces, la supplication, voire même les pleurs tout y passe. C’est un véritable virtuose dans l’art d’accommoder les émotions suivant les circonstances et de s’attirer la sympathie et l’empathie d’autrui et ainsi  de toucher qui il veut en jouant de ses capacités de caméléon suivant ses nécessités pour enfoncer sa victime. C’est machiavélique et c’est sa victime qui semblera coupable dans le visible et c’est là précisément qu’un parent, un  proche sont redoutables et mortels. Tout le monde sera de son côté et le plaindra d’avoir à ses côtés un tel enfant ingrat. Hallucinant combien le monde a évolué dans les techniques et est d’une nullité terrifiante du point de vue de l’humain. C’est pour cela que ces crimes  sont non reconnus par les états, la justice car cela rentre dans le domaine du subjectif et de l’interprétation de chacun. Les vampires de l’âme, ces tueurs sans état d’âme ont de beaux jours devant eux. Ils ont des enfants, parfois, leurs propres enfants  qui deviennent des proies idéales à leur merci  pour les détruire. Le parent qui assiste à l’envoutement  de l’enfant par le parent monstrueux ne peut rien faire pour protéger l’enfant. L’enfant aime son bourreau et ne réalise nullement qu’il est en train d’aller vers son propre enfer et se détache du parent qui voudrait le mettre en garde. C’est trop tard, il est sous la coupe du tueur d’âmes. Le parent protecteur est contraint de regarder la mise à mort psychique de son enfant sans pouvoir le dénoncer. Qui le croirait ? Qui comprend ces crimes invisibles dans les huis clos si bien protégés ? C’est le lieu rêvé des crimes incestueux  ainsi que des viols et où ces tueurs peuvent frapper et menacer toutes ses victimes de représailles s’ils n’obéissent pas à leurs ordres tout puissants ? Le parent protecteur est en danger lui-même. La justice la police, les proches penseront qu’il perd la raison ou bien qu’il souhaite soustraire l’enfant au tueur d’âme. C’est très subtil, Hitchcockien, j’ajouterais démoniaque. Le parent protecteur sera souvent atteint par le poison car ces manipulateurs(trices) n’apprécient aucunement les témoins de leurs crimes invisibles. Ils réussissent souvent à détruire les liens familiaux et à  diviser les membres de la famille pour éliminer les témoins gênants. Ces derniers sont rendus muets car personne ne les croit.

Il faut une détermination  aussi grande que celle du manipulateur(trice) pour défaire les chaines invisibles qui le relient à son bourreau. Une prison sans barreau certes, mais la proie d’un tel individu est aveuglée et tétanisée comme devant un serpent à sonnettes qui tue au moindre mouvement. Tout se passe d’inconscient à inconscient dans l’invisible où quasi personne ne connait rien et pense que les victimes sont des affabulateurs. C’est le grand drame de ce monde qui protège des individus indignes et condamne les victimes qui dérangent l’ordre patriarcal et familial instauré depuis des millénaires et qui rapportent de l’argent par la consommation. Détruire l’ordre familial avec des dénonciations est un crime plutôt que le contraire. C’est comme les réseaux pédophiles organisés, protégés qui tuent et saccagent des vies d’enfants par milliers pour le seul plaisir de les baiser, les salir et les détruire. Ainsi que les religieux. Pas seulement les catholiques, dans toutes les religions, il y a les brebis galeuses qui au nom de dieu se donnent le pouvoir de blasphémer des vies d’enfants et qui sont juste limogés ainsi ils peuvent en toute quiétude continuer leurs massacres d’enfants par milliers. Les victimes  vivent dans la honte et la peur de dénoncer ce qu’ils ont subi. La honte est dans le mauvais camp depuis bien trop longtemps ! Bravo à celles et ceux qui luttent contre ces meurtres de l’invisible que les gouvernements refusent de voir et que la justice laissent quasi tout le temps dans l’impunité. Le suicide, l’alcoolisme, la drogue, la prostitution et bien d’autres maux surgissent chez ces victimes la plupart du temps obligées de se taire. Je ne pense pas que l’on naisse victime. Je crois qu’il existe une propension de gens qui sont fragiles émotionnellement et ceux-là sont visés car aisés à  mettre sous emprise. L’inceste, le viol sont des facteurs aggravants et aliénants  du parent tout puissant qui pénètre non seulement le cerveau de l’enfant mais s’empare sans son consentement de son corps qui devient le territoire de l’abuseur et met la pagaille  dans la vie intime de l’enfant entachant gravement sa sexualité. On ne parle jamais de ce problème, de celui de la sexualité des victimes violées psychologiquement et physiquement. Incroyable de ne pas évoquer ce traumatisme à l’origine du pire et du meilleur. Le meilleur étant de réussir tant bien que mal à émerger de ce chaos crée par des criminels que les gouvernements et la justice gracient de leurs crimes monstrueux bien trop souvent en mettant à mal la victime qui de nouveau se retrouve devant un agresseur, la justice elle-même, pour l’accabler et mettre en doute ses dires. Un agresseur ne bafouille pas, ne perd pas ses mots, il est habitué à mentir, à manipuler au contraire des victimes dont l’âme est démantelée par tant de faits faux qui lui sont reprochés. Aujourd’hui, le monde est à l’envers pour les victimes qui finissent par se taire et étouffer parfois à cause de tant de méconnaissance sur les pervers narcissiques qui pour moi sont des « monstres » sous un aspect humain. Ils se promènent parmi nous, sont parfois célèbres, ils gangrènent leurs familles et tout ce qu’ils touchent. Ce n’est pas une baguette magique qu’ils ont. Ils offrent à leurs victimes petites  et grandes un passeport pour l’enfer dont on ne revient jamais tout à fait indemne.

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